Carnet de route

Catalogne Val de Cardos

Le 05/04/2016 par Colette Amaré

PYRENEES CATALANES - VAL DE CARDOS - CERTASCAN

COMPTE RENDU DU SEJOUR DU 30 MARS AU 05 AVRIL 2016

Organisateur: Jean-Pierre CRAUSTE

Participants : Nelly MONTEIL, Colette AMARE, Yves FERRERE, Jean-Luc GUALCO, Christian LEFEBVRE, Jacques PIGNAT

Mercredi 30 Mars 2016 : Le regroupement est fixé à 16h30 au port de la Bonaigua à 2070 mètres. Ce dernier nous laisse entrevoir les portes d’entrée des Encantats. L’équipe est complète et motivée pour prendre la direction de la longue et profonde vallée de Cardos ou nous croisons un chasse-neige qui termine sa saison. L’air est doux, le vent du Sud charge le ciel de nuages mais où est la neige ! Nous arrivons à Tavascan à 17h40 village situé en fond de vallée à 1100m. Nous prenons rapidement possession des lieux, au local commercial de l’hôtel « Llacs de Cardos» nous stockons notre matériel. Nous nous dégourdissons les jambes dans les sentes et ruelles du village ou de nombreux évènements historiques sont bien relatés. Et nous terminons cette 1ère journée, en trinquant au Patxaran et à notre périple !

Jeudi 31 Mars 2016 :  Le Pic de la Coma del Forn (2685m) Dénivelé +1 005m  Distance 9.4kms Le rendez-vous est donné à 7h30 pour un frugal petit-déjeuner, le temps de regrouper le matériel et de prendre la route en direction de la station de ski de Tavascan (qui était ouverte il y encore deux jours) et nous voici le seul groupe, ce matin, au milieu du personnel qui s’active à ranger le matériel de la saison d’hiver. Nous chaussons à 9h15, au pied de la piste de ski à 1709m en compagnie d’un patou dénommé «Cau». Le chien talonne plus précisement notre guide Nelly, ils prennent rapidement de la distance sur nous pendant que nous délibérons sur la statégique traversée du ruisseau. Finalement, nous optons pour la difficulté en travaillant quelques conversions sur un petit raidillon tandis que Nelly et «Cau» poursuivent tranquillement leur cheminement sur la piste qui leur offre un passage sur un pont enneigé. Un petit regroupement, maintenant nous ne sommes plus 7 mais 8, «Cau» fait partie de l’équipe ! A la cote 2366m, au-dessus de l’Etany de Mascarida, la dernière traversée de la combe est verglacée, certains mettent les couteaux pour terminer avec prudence les derniers 300 mètres d’ascension. Les rafales de vent sont violentes, nuages et éclaircies alternent. Jean-Luc et Colette arrivent au sommet sans couteaux et sans difficulté car la pente n’est plus soutenue, le seul souci de la journée sera le vent glacial qui nous empêche d’admirer les points culminants du secteur. Il est 12h45, JP tient à faire la photo de groupe au sommet et on l’en remercie encore mais de suite la belle troupe s'éclipse pour trouver abri quelques mètres plus bas. La neige est excellente en descente, au niveau des pistes elle s’alourdit mais nous sommes ravis d’arriver d’une seule traite à la station de ski, il est 13h45. «Cau» retrouve sa maitresse, disons plutôt que sa maitresse retrouve «Cau». Nous oublions vite l’ambiance hivernale du sommet, installés sur les tables de la terrasse du refuge Pleta del Prat, le soleil arrive à percer les nuages et à nous revigorer. Ainsi se termine cette 2ème journée, à l’hôtel de Tavascan, en trinquant au Ratafia et à notre périple !

Vendredi 1er Avril 2016 : Montée au Refuge de Certascan ( 2240m) Dénivelée: + 945m Le temps n’est pas au beau fixe, pas la peine de se lever aux aurores, petit-déjeuner à 8h d’autant que le gardien doit encore nous confirmer s’il monte ouvrir le refuge. Chose qu’il fera à 9h, en nous proposant de récupérer nos skis, à l’hôtel. Oui oui nous acceptons ! Non non ce n’est pas un poisson d’avril ! Nous disposons ainsi de la matinée, pour faire et défaire nos sacs (du coup Colette laissera ses couteaux à l’hôtel), lire, écrire, téléphoner, envoyer des cartes postales, se promener sous les flocons de neige, et oui il neige à Tavascan juste pour motiver les troupes mais pas assez pour skier. Le top départ des véhicules est donné à 12h pour un long parcours chaotique sur piste (5,5 kms). Quarante minutes plus tard nous endossons (à la cote 1380m) nos mastodontes sacs à dos pour attaquer la montée par la route forestière. Comme nous dira plus tard Jan, le gardien du refuge, nous avons bien «des sacs de français». Jan arrive à notre niveau en 4X4 pratiquement en bout de piste même si des arbres lui barrent la route. Nous chargeons les skis sur nos sacs, chacun à sa méthode ; à la parisienne, à la verticale…(à la cote 1825m) nous marquons un arrêt, près d’une cabane en ruine pour nous alimenter car la montée est loin d’être terminée. On reprend vite le chemin à 14h et on chausse rapidement les skis même si on déchausse 3 fois avant d’arriver au niveau du barrage ou se profile une belle combe qui nous fait face. Mais nous commençons à manquer de visibilité, la fin du parcours va s’effectuer sous les rafales de vent et dans un épais brouillard. La trace des premiers s’estompe au vent. Dans la combe finale, Jan et Christian se détachent du groupe et partent récupérer au refuge des fanions rouges pour nous jalonner le tracé dans la tourmente. Arrivés au refuge, on s’organise, il y a les porteurs et tireurs d’eau (Christian qui a bien failli tomber dans l’eau du trou de neige creusé pour puiser l’eau pour notre consommation), il y a ceux qui allument le poêle à bois et qui s’y frottent à s’y brûler les vêtements, il y a les commis de cuisine en tabliers (Colette et Jacques), les ouvreurs de voies (Nelly, Jacques et Jean-Luc qui dégagent les ouvertures des fenêtres), les grimpeurs qui montent sur la table à manger pour pendre les peaux et les gants mouillés et qui se risquent sur un bancale escabeau pour aligner les chaussons au-dessus de la porte d’entrée… Mais surtout on sublime tous devant une extraordinaire découverte ; une vulgaire paire de chaussures de tennis et oui ! Des chaussures pour le collectif ; dénommées bottes de 7 lieux ou 43 fillette, elles vont nous permettre de partir en expédition nocturne car aller au petit coin, prend vite la tournure d’une grande aventure, escalader la porte d’entrée, s'équiper de frontale, bonnet, gants et doudoune, paré à affronter les rafales de vent, le froid et les trous de neige, sans s’y attarder ! Après chaque sortie, nous remisons nos bottes de 7 lieux et demandons régulièrement de leurs nouvelles, pour que dès lorsqu’elles reviennent : prendre le relais... Durant ces quatre jours, nous vaquerons à de simples soucis d’ordre existentiels, loin de toute connexion, seuls dans cette immense contrée immaculée en compagnie d’un simple gardien qui sait se profiler en un talentueux cuisinier ou en un sécurisant guide de par ses conseils et son vécu. Depuis 33 ans, Alejandro Gamarra dit «Jan» gère ce refuge et vagabonde dans le val de Cardos au gré des 4 saisons, cet homme passionné nous a diffusé durant ces trois soirées de magnifiques images de son terrain de jeu « Montagnes de la liberté» et «la Porte du Ciel» qui sont deux magnifiques circuits transfrontaliers sur plusieurs jours qui lui tiennent à cœur. Ainsi se termine cette 3ème journée, on trinque à la tisane de Romarin et à notre périple !

Samedi 2 Avril 2016 : Le Cap de Canalets (2602m) Dénivelée +520 m L’accalmie du petit matin nous fait vite oublier les aléas de la nuit passée ; le froid, les bruyantes rafales de vent et nos expéditions nocturnes. Il nous est agréable d’entendre Jan rallumer le poêle à bois, l’odeur de fumée monte au dortoir et nous signale que l’heure du petit déjeuner ne saurait tarder. Un lever à 8h sans se presser car le temps est toujours bouché, il neige. On abandonne nos beaux projets d’ascensions de sommets, pour privilégier un secteur plus sécurisé. Jan nous indique non loin du refuge une belle combe et nous propose de nous y accompagner. On quitte le refuge à 9h50, le brouillard est toujours dense, on traverse une première combe pour enclencher la montée dans la seconde. On talonne Jan qui mène la course, sa trace est parfaite, il faut dire que la neige est excellente mais par sécurité on branche le GPS. Au pied du dernier couloir on analyse les conditions et les premiers partent franchir sans difficulté la petite corniche qui demande quand même une bonne maitrise des conversions. Chacun monte à son rythme la neige porte bien.Au col, la plupart continuent à skis pour mieux s’arrêter quelques mètres plus haut au milieu de rochers. On cale les skis et cramponne pour monter au Cap de Canalets. J.P. est ravi, le téléphone passe et il peut photographier son groupe au sommet. On plaisante en faisant un tour d’horizon sur de virtuels sommets tellement qu’en redescendant JP et Jacques en oublient de récupérer leurs skis. Dès la première pente, on glisse sur de la ouate, la neige est sublime mais la visibilité est médiocre. Jan et Christian passent devant et s’arrêtent à intervalles réguliers pour nous permettre de reprendre pied car les têtes et les estomacs tournent comme nos skis. Trois skieurs décident de bifurquer à l’adjonction du refuge pour retrouver la notion d’équilibre, tandis que les autres dévalent la belle combe jusqu’au niveau du barrage. Lorsqu’ils amorcent la remontée, ils sont interpelés par un bruit, ils assistent à un puissant lâcher d’eau et les voilà partis pour l’ultime montée de la journée, on se retrouve tous au refuge à 13h30. On joue à la belote, on bouquine, on étudie la cartographie en attendant l’éclaircie du jour mais en vain. On se régale au souper: potage de vermicelle, riz pilaf, poulet et salade de fruits. Ainsi se termine cette 4ème journée, on trinque au thé vert et à notre périple !

Dimanche 3 avril 2016 : Le pic de Certascan Nord (2 839m)  Dénivelée +685m Distance 7.55kms et le secteur de Canalets et les hauteurs du refuge : Dénivelée + 330m Distance 3.30 kms  Pas besoin de frontale à l’extérieur car nos pupilles s’épanouissent comme des fleurs à la vue du ciel scintillant de diamants, serait-ce l’annonce d’une magnifique journée ? Au lever du jour, sans concertation, l’émulation monte à l’étage, on déjeune et on s’équipe rapidement le Top départ à 8h45 et Jan profite de la belle journée ensoleillée pour nous accompagner. La traversée du lac glacé de Certascan s’effectue par son milieu car il nous faut rejoindre la combe située à l’extrême nord-ouest du lac. Sa montée est régulière et on se relaie à la trace. A la cote 2500m on bifurque légèrement vers le sud pour effectuer une traversée en dévers qui aboutit au pied du couloir final qui mène au col. A ce niveau-là, le vent forcit et les rafales puissantes arrivent à nous déstabiliser dans notre progression. Christian, Jean-Luc, J.P. et Colette déchaussent en plein vent au niveau du col, tandis que Jan fait mettre à l’abri en contre bas les autres skieurs. Tout le monde en crampons piolet pour terminer l’ascension sur un terrain mixte qui demande une transition prudente. Au sommet à 11h30, pas la peine de parler de photo de groupe, on arrive et repart au compte-goutte.On se croise prudemment, on se stabilise sur les crampons des copains, on se resserre les sangles des crampons au sommet et finalement l’onglet sera lui aussi de la partie ! En début de descente, on voit le sac à dos d’Yves entamer une belle glissade en solo, fort heureusement  il a capé versant espagnol et s’arrête une vingtaine de mètres plus bas. Yves effectue lui aussi une belle descente très stylée et allégée pour retrouver son «sac de bon français ». A 12h30 nous arrivons près du lac, satisfaits d’avoir effectué enfin une super descente dans la clarté. Nous décidons de manger aux abords du lac pendant que Jan traverse cette immense patinoire glacée qui le mène au refuge. Une heure après nous sommes tous au refuge, les nuages s’épaississent et tourmentent les rayons de soleil mais à 15h Jean- Luc et Colette décident de ressortir «histoire» de prendre l’air. Ils traversent et remontent en direction du cap de Canalets pour arriver au pied du couloir «histoire» de voir enfin le profil du terrain et de surprendre au passage un isard. La descente à skis n’est pas facile car la neige est verglacée sur les versants soufflés et transformée en neige de printemps dans la combe. Ainsi se termine cette 5ème journée, en trinquant au Patxaran et à notre périple !

Lundi 4 avril 2016 : la Serra Plana (2375m)  et retour au parking (1380m)  Dénivelée +175m  -1025m Le mauvais temps a repointé son nez durant la nuit, il a neigé quelques centimètres de plus mais le ciel est chargé et l’horizon bouché, nous sommes obligés de revoir l’itinéraire du jour. Nous dégageons les marches extérieures du refuge d’hiver (capacité 8 couchages avec couvertures) pour entreposer nos surplus d’affaires que nous récupérerons au retour. Nous laissons Jan dans son rangement, il est 9h30. Nous traversons le lac mais cette fois en nous dirigeant très vite vers l’ouest en direction de la combe qui mène au lac de la Serra Plana, le cheminement y est fort agréable mais ce diablotin de vent nous perturbe. A la cote 2375m à proximité du lac, le col de Certascan est bien en vue mais l’ambiance ne nous incite pas à pousser plus haut, le jour blanc se généralise et les rafales de vent nous dissuadent ! On dépote pour la dernière fois sous le vent avant d’entamer la courte descente. A 11h10 nous retrouvons Jan qui referme soigneusement son refuge. Le temps de refaire nos sacs de bons français et de traverser la première combe, qu’il nous a déjà rejoint à proximité du barrage et nous poursuivons tous les 8 sur la piste qui nous ramène à son 4X4. On recharge nos skis dans son véhicule afin de nous alléger dans la descente. Colette est chargée de dégager la piste des grosses pierres pointues qui empêchent le 4x4 de rouler. Pendant ce temps Nelly et Christian prennent les traverses et la retrouve très rapidement. A 14h nous sommes tous aux voitures, une pluie fine et continue nous poursuit et nous poursuivra jusqu’au lendemain, le mauvais temps c’est vraiment installé. A 15h nous sommes attablés à la salle à manger de l’hôtel de Tavascan pour déguster la charcuterie locale et les rafraichissants plats de crudités agrémentés d’un vino tinto. Ainsi se termine cette 6ème journée, en trinquant au Patxaran, Ratafia, Martini, 4 3 et à notre périple !

Mardi 5 avril 2016 : Tavascan (1 105m) Il a plu et neigé toute la nuit sur les hauteurs du vall de Cardos, nous apprécions pleinement le confort de l’hôtel et nous pensons silencieusement que nous avons eu de la chance d’être redescendus la veille dans de bonnes conditions car aujourd’hui nous passons le port de la Bonaigua sous les flocons de neige. Un petit arrêt à Vielha vers 11h où nous nous retrouvons pour le traditionnel pot de l’amitié qui marque la fin de notre périple !

Un grand Merci à Jean-Pierre de nous avoir fait découvrir cette sauvage vallée catalane si bien enneigée

Merci à l’ensemble des participants pour le partage de ces moments forts ainsi qu’à Jan de nous avoir si bien accueilli dans son refuge de Certascan.

 

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