Carnet de route
Eperon Nord Pic Badète de Labassa
Le 15/09/2026 par Naudeau Michael
Dimanche 6 sept 2026 , départ pour une belle virée à trois avec Michaël, Philippine et Sophie, tous membres du Club Alpin Français de Tarbes.
Objectif du jour : l’Éperon Nord du Pic de la Badète de Labassa (2649 m), une belle ligne de granit de près de 300 mètres, cotée D, V+, dans un environnement aussi sauvage que magnifique.
L’itinéraire a été ouvert en juillet 1963 par F. et P. de Bellefon, M. Fagot, E. Florence, P. Mirabal, H. Paradis et Mme Sánchez. Plus de soixante ans plus tard, la voie n’a rien perdu de son caractère : quelques pitons et vieux clous par-ci par-là, mais pour l’essentiel, il faut lire le rocher, chercher son itinéraire et poser ses protections. De quoi avoir une petite pensée admirative pour les ouvreurs et leur matériel de l’époque !
Avant même de toucher le rocher, il faut déjà le mériter. Environ 2 h 30 d’approche et près de 900 m de dénivelé, avec une pente qui attaque franchement dès la forêt et ne démord quasiment jamais, avant une bonne séance de progression dans les pierriers et les blocs. Autant dire qu’en arrivant au pied de l’éperon, l’échauffement est terminé.
Sophie prend la tête pour L1, en IV+, avec recherche d’itinéraire et pose des protections : une jolie entrée en matière qui met immédiatement dans l’ambiance. Mika enchaîne avec L2, la longueur phare : un superbe dièdre vertical, soutenu, jusqu’au V/V+, où les quelques pitons présents ont surtout le mérite de rappeler que quelqu’un est déjà passé par là.
Philippine prend ensuite la tête pour L3, avant que Mika ne reprenne les commandes avec l’idée lumineuse d’« avancer rapidement ». La suite démontrera que, concernant la notion de rapidité, notre cordée disposait manifestement de sa propre unité de mesure.
La journée se poursuit sur cette magnifique arête, parfois effilée, avec du gaz, du beau rocher, de la recherche d’itinéraire, des relais, des friends, des paysages incroyables… et surtout une très bonne ambiance.
À l’avant-dernière longueur survient même un incident technique non répertorié dans le topo : les pêches au sirop légèrement douteuses de la veille décident soudainement de participer à l’ascension. S’ensuivent quelques problèmes logistiques que la littérature alpine documente assez peu… et un énorme fou rire.
Urgence digestive, recherche d’un emplacement adapté en plein univers vertical et grand moment de solitude pour Sophie…
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C’est alors que Mika, philosophe autant qu’alpiniste, délivre cette maxime qui restera probablement comme l’enseignement majeur de cette journée :
« Chie dur, chie mou, mais chie dans le trou ! »
Voilà. Plus de soixante ans après de Bellefon et ses compagnons, la Badète de Labassa venait peut-être de connaître l’ouverture d’une nouvelle voie… digestive.
Au final, le topo annonçait des horaires sensiblement plus raisonnables. Nous bouclerons la course voiture à voiture en exactement 12 heures. On a donc quelque peu explosé le timing… mais certainement pas le quota de bonne humeur.
Une vraie belle journée de montagne : une course exigeante, un cadre sauvage, une voie historique, trois copains, quelques moments de solitude, beaucoup de rires et une sacrée aventure partagée.
Et finalement, pour une cordée qui voulait « avancer rapidement »… 12 heures, c’est presque raisonnable !
Sophie T





