Carnet de route
Traversée petit-grand Vignemale
Sortie : Eperon Nord petit Vignemale du 26/07/2025
Le 04/08/2026 par Paula
Samedi 27/07
Départ du barrage d’Ossoue samedi midi, montée à bon rythme dans le brouillard. Arrivée au refuge où 2 silhouettes, fumant au cœur de la fumée générale, nous accueillent à bras ouverts. C’est le début des festivités avec un petit apéro et quelques parties de tarots qui finiront dans les couloirs des dortoirs : nous étions, à notre grand damn, dans le second service. Ce moment de partage, porté par l’encadrante Nadège, membre du CAT (Club Alpin de Tarot) nous a permis d’apprécier les (bonnes ?) capacités physiques et mentales du groupe, mention spéciale à la souplesse d’une partie de l’encadrement, et aux grossières erreurs d’une partie des encadrés (moi-même).
Dimanche 26/06
Départ dans le brouillard. Arrivée au petit Vignemale dans une belle ambiance, où nous sortons la tête des nuages pour observer au loin le splendide profil strié de Pique Longue ainsi que la ligne de l’arête que nous allons parcourir ce jour.
C’est avec beaucoup de patience et de gentillesse que Loïc nous a accompagnés et formés aux différents modes de progression. Nous avons bien rigolé et bien progressé, dans les deux sens du terme (enfin surtout une personne sur les deux de la cordée : les gagnants écrivent l’histoire).
Devant nous, le ballet des nuages nous laisse entrevoir l’avancée fluide et efficace de la cordée Nadège – Stéphanie le long de l’arête nous menant à la pointe de Chaussenque.
La progression sur le fil n’est plus possible à partir de ce point et nous cherchons, dans le schiste péteux, la vire qui nous permettra de descendre. Après de rapide recherches nous trouvons un passage qui exige cependant un pied aguerri.
En dépit des différents manquements d’agilité physique et mentale apparut le soir précédant, la fine équipe s’avère être d’une agilité remarquable dans ce terrain accidenté. Ainsi, tout le monde arrive à merveille au pied du glacier, sans qu’aucune cheville ne soit tordu et qu’aucun (gros) caillou n’ai été décroché.
La traversée du glacier se déroule sans difficulté. La montée finale se fait le plus directement possible, certes en posant quelques mains (mais avec beaucoup de prudence) … un vrai plaisir.
Au sommet nous retrouvons les ados du refuge, grands amis de Nadège, je me régale de leur impertinence envers leurs parents qui « racontent n’importe quoi ».
Après avoir rechargé nos batteries et avant qu’un meurtre ne soit commis, nous prenons le chemin de la descente dans le schiste rouge du Vignemale. Nous parcourons le glacier dans une ambiance particulière (Sommes-nous sur la lune avec ces formes rondes et grises que prend la roche dans ces zones-là ?).
Nous poursuivons notre chemin le long de vertes veines de l’ophite qui nous mènent aux pieds des grottes de Russel où nous prenons un repos (mérité). En pensant à l’histoire de ce lieu je ne peux m’empêcher de partager à mon cher camarade chouchou qu’il s’agit surement ici d’un encouragement à faire la fête.
Les ravages du MAM auront atteint les participants de l’expédition : l’auteur plane complet et n’est même plus sur terre, Steph se régale en imaginant un membre de l’équipe embroché faisant office de BBQ, Loïc Bardot a renommé tous les animaux de la vallée Kiki avec beaucoup d’affection et Nadège se sent mieux depuis qu’elle a partagé sans filtre son point de vue à ses copinous les ados. Le seul épargné c’est chouchou qui a l’air dans son état habituel… donc difficilement différenciable du délire d’altitude.
Ce fut donc un week-end rondement mené, porté par la volonté de gravir ce beau massif en dépit d’une météo incertaine. Nous le clôturons avec un délicieux sirop de framboise et garderons en tête de beaux paysages mais aussi des rires, de la générosité et surtout … un bon sens de l’orientation.





