Carnet de route
Refuge Lizara 22 au 25 janvier 2026.
Le 23/01/2026 par Naudeau Michael
Par Francois G
Trump a dit que le réchauffement climatique, c'était de la foutaise : force est de constater que le bougre a raison : dans les Pyrénées en cette fin janvier, il fait froid et il neige beaucoup ; la route pour monter au refuge de Lizara est tellement enneigée qu'il a fallu un 4X4 bien équipé pour tracter le deuxième véhicule de notre petit groupe !
Il faut dire que nous n'avons pas été assez patients pour attendre le passage du chasse-neige, (il y a parfois des urgences...). Mais cette impatience nous a permis de réussir une jolie rando dans l'après-midi. Vraiment beaucoup de neige, même à 1500 m dans ce versant Sud et les éclairages d'une fin d'après-midi, où le soleil réussit quelques belles percées à travers les nuages, sont somptueux. La neige est excellente, poudreuse et froide, ce moment suspendu juste avant le coucher du soleil fera vraisemblablement partie des grands moments de cette saison de ski.
Nous arrivons au refuge un peu avant la nuit : excellent accueil de la gardienne dans ce refuge de 60 places où nous ne sommes que 6, grand luxe bien appréciable qui nous permet entre autre d'étaler en toute tranquillité toutes nos affaires sur les fils à linge de la mezzanine... Merci aux pinces à linge d’Henri !
Cependant, la "météo des jours qui viennent" (petit clin d’œil à Jorges Garcia-Dihinx, unanimement regretté ...) n'est pas engageante : il va encore beaucoup neiger !
On remet la question du choix de la course du lendemain..., au lendemain.
Effectivement, il est tombé plus de 30 cm supplémentaires dans la nuit et il neige encore un peu : la bonne solution pour faire du ski par risque 4 est de descendre sur la route du refuge (à ski) jusque vers 1200 m afin de gagner un versant boisé pour skier en forêt. Notre objectif n'est plus le Visaurin (nous l'avons compris depuis longtemps) mais une modeste bosse aux flancs boisés qui culmine à peine à 2000 m. Mais cette taupinière nous a réservé du très bon ski ; tellement bon que nous sommes remontés dans nos traces (voire notre tranchée vues les quantités de neige fraîche...), afin de profiter un peu plus de cette belle poudreuse : 1400 m de poudre, ça ne se refuse pas ! Cerise sur le gâteau : malgré un début peu engageant, une visibilité réduite et de fortes rafales de vent, du soleil pas vraiment prévu mais très apprécié.
Arrivée au refuge à la nuit tombante, mais assez tôt quand même pour avoir le temps de prendre une douche chaude avant de se mettre les pieds sous la table. Toujours personne, que nous 6, et avec un peu de génépi, ça devient carrément royal !
Les prévisions pour les jours suivant sont très mauvaises. Au matin, encore 30 à 40 cm de neige supplémentaire : l'idée est d'attendre que le chasse neige monte afin que nous puissions descendre en voiture, et tenter de remonter sur nos traces de la veille pour refaire la même balade, en fait la seule possible avec ces conditions avalancheuses. Et c'est ce qui s'est passé : descente prudente en voiture, chaussage vers 1200 m, récupération de notre trace de la veille (un peu envahie par la neige fraîche) et remontée jusqu'au sommet vers 2000 m. Le temps est plus que moyen, quelques averses de grésil nous piquent un peu le visage mais que ne ferait-on pas pour une nouvelle descente en poudre ? Tellement bon que certains remontent pour un peu de rab !
Retour aux voitures, picnic et moment convivial debout les pieds dans la neige, puis fuite vers le bas sous une pluie battante en espérant passer le tunnel du Somport et rejoindre les vallées françaises sans trop de problèmes sur la route.
Pour résumer : un groupe solide, une très bonne ambiance dans ce refuge confortable, chaleureux (qui plus est, personne d'autre que nous !), et contrairement à toute attente, du très bon ski dans de très belles ambiances.
D'où les deux dictons du jour :
"qui trop écoute la météo passe sa vie au bistro".
"on ne regrette (presque) jamais d'être partis, et on regrette (presque) toujours de ne pas être partis".





