Carnet de route
Séjour Gabardito- Linza.
Le 06/02/2026 par Naudeau Michael
Texte de Patricia Villeneuve
Séjour Gabardito- Linza.
Ce séjour dans les "Vallées Occidentales Espagnoles" a vu s'affronter deux équipes : les 7
Cafistes Tarbais motivés et alimentés par le régime poulet/lentilles/flamby ( les 2 refuges s'étaient
donné le mot ?) et une Goutte Froide Météorologique copieusement alimentée en air froid et
humide par une "rivière atmosphérique".
Le programme initial de Mika était ambitieux et alléchant avec notamment une traversée du
refuge Gabardito au refuge Linza par le col de Gamueta , puis le dernier jour le retour de Linza à
Gabardito par le Pic d'Ansabère. Avec la sage précaution d'organiser une navette de voiture entre les
deux refuges au cas où ce plan "A" ne serait pas réalisable.
Mika ayant plus d'un tour dans son sac et avec ces conditions nivo-météorologiques, nous
avons vite oublié nos objectifs initiaux pour privilégier la sécurité, le plaisir de savourer ces
paysages enneigés et le ski bonheur dans une neige souvent excellente !
L'arrivée au refuge en fin de matinée nous confirme la tendance du séjour : neige dès 1200
m, temps gris, visibilité réduite. Après un rapide pique-nique, le groupe démarre vers le Pico
Agüeri. Lors de l'approche, nous pouvons observer de nombreuses hardes d'isards peu farouches,
peinant dans cette neige profonde pour remonter les pentes exposées au Sud à la recherche de
nourriture ; moments magiques !
Puis vers 2200 m, vue l'heure tardive, les mauvaises conditions de visibilité et le jour blanc,
une sage décision est prise : demi-tour et descente, dans une neige finalement meilleure que prévue
et même plutôt bonne !
Soirée agréable, tous les autres groupes ayant annulé à cause de la météo, nous sommes
seuls dans ce grand refuge très confortable.
Paxi et Carmen, le couple de gardiens, sont aux petits soins pour nous, ils nous racontent l'histoire
du refuge et de ces vallées, nous parlent des derniers ours pyrénéens dans ce secteur (parmi lesquels
Camille, qui a donné son nom à un sentier célèbre "la Senda de Camille" qui traverse ce massif ), et
de l'arrivée des ours Slovènes. Paxi, qui connaît le secteur comme sa poche, prend le temps de nous
conseiller sur les possibilités de courses pour le lendemain en fonction de la météo et de la
nivologie. Le Castielo d'Acher ou le Visaurin restent inenvisageables en ce moment.
Notre objectif du 2ème jour était donc une boucle en remontant les crêtes par le col du
Foraton et retour par un vallon. Vers 2000 m au sommet de la Cuta, la visibilité devient mauvaise, la
neige ventée, est dure et gelée. Après quelques hésitations, la décision est vite prise ; nous
abandonnons notre objectif et quittons les crêtes pour une large pente émaillée de pins, bien
alléchante.
L'équipe de choc du CAF se transforme en une bande de gamins avides de neige vierge !
Le groupe s'élance dans une neige fraîche et légère ; nous alignons nos traces. 300 m plus bas, nous
remontons : Pierre, notre "traçausaure", nous taille une autoroute. La pente est large pour dessiner 6
nouvelles traces de godille et ce scénario va se renouveler 5 fois. On peut dire que l'autoroute de
Pierre a été rentabilisée !
Le retour via le Salto de la Vieja nous permet d'admirer les impressionnantes falaises de ce relief
calcaire. Bilan de cette journée qui semblait mal partie : 1800 m de dénivelé, excellent ski du début
à la fin !
Le 3ème jour, nous quittons le refuge et ses gardiens si sympathiques pour une heure de
route jusqu'au refuge de Linza. Nous chaussons sous la neige et montons par les pistes de ski de
fond dans une magnifique hêtraie en direction de La Foya Del Ingeniero. Les pentes sont chargées, peu engageantes, nous poursuivons
dans la forêt vers une petite bosse où nous prenons la sage décision de ne descendre que dans des
pentes boisées. Les plus courageux remonteront pendant que d'autres iront se consoler autour d'une
omelette.
L'après-midi, il reste encore assez d'énergie au groupe pour le "lancer de petits cochons", jeu
de hasard autant que d'habileté ! Puis la bière rituelle nous amène tranquillement jusqu'à l'heure du
repas et de la soupe de lentilles, apparemment assez rituelle elle aussi dans ces Vallées Occidentales,
puisque nous avions eu la même la veille au refuge de Gabardito...
Au 4ème jour, l'équipe adverse (la fameuse "Goutte Froide Météorologique"), accentue son
attaque et nous envoie maintenant un fort redoux : autour du refuge, c'est le dégel, la poudreuse s'est
transformée en gadoue, la pluie est annoncée jusque vers 1800 m avec encore cette fois une
visibilité très limitée. Mais l'équipe "CAF Tarbes" ne s'avoue pas vaincue : nous montons au NE du
refuge sur des pentes sans danger, notre but est la Paquiza de Linzola, 2104 m.
Vers 1800 m, nous entrons dans la couche nuageuse, la visibilité devient très mauvaise ; de plus, la
neige s'alourdit et devient collante, laissant présager une descente très moyenne, voire dangereuse :
on dépeaute. Mais bonne surprise : la neige reste agréable à skier, dense mais homogène.
Nous n’allons pas rester sur notre faim : une petite bosse (qui culmine quand même à 1669
m!) devient notre objectif : à nouveau nous remettons 3 fois les peaux pour dessiner quelques traces
de plus sur cette jolie pente.
Retour au refuge pour un pique-nique au chaud. Nous avons pris la décision de rentrer un
jour plus tôt, la journée du lendemain étant annoncée comme "diluvienne" ; ce qui fut le cas, pas de
regrets !
Bilan du séjour : la météo ne nous a pas fait de cadeaux mais le plaisir du ski fut entier. De la bonne
neige, des paysages hivernaux magnifiques (c'est pas si souvent qu'on peut skier des hêtraies aussi
belles ) et un groupe uni, solide et sympathique.
Les sommets attendront.





